Les cinq lignes rouges

  • Aucune enquête, aucune surveillance, aucune identification de personne.
  • Aucun faux profil, aucun appât, aucune provocation.
  • Aucun contenu illicite reçu, stocké ou transmis. On signale une adresse aux autorités compétentes, jamais un contenu.
  • Aucune personne désignée publiquement. Nous ne nous prononçons jamais sur la culpabilité ou l'innocence de quiconque.
  • Aucune justice privée. Nous nous en désolidarisons, publiquement et sans réserve.

Et ce à quoi nous nous engageons

Une liste d'interdits dit ce que nous refusons de faire. Elle ne dit pas ce sur quoi on peut compter. Deux engagements comptent plus que les autres, parce qu'ils changent quelque chose pour vous.

Conserver, jamais effacer — avec une exception

Le premier réflexe, quand on découvre une conversation inquiétante sur le téléphone d'un enfant, est souvent de tout supprimer. C'est compréhensible, et c'est une erreur : ce qu'un enfant ou ses parents détiennent légitimement est un moyen de preuve ordinaire, à conserver et à remettre aux autorités. Une conversation à laquelle on a participé, un message reçu, un profil — cela se garde.

L'exception, et elle est absolue : les images. Ne faites jamais de capture d'écran d'un contenu pédocriminel, ne le téléchargez pas, ne le transmettez à personne — pas même pour prouver quoi que ce soit. Le détenir est en soi une infraction (art. 197 al. 4 et 5 CP). Dans ce cas, on signale l'adresse aux autorités, jamais le contenu.

À qui s'adresser

Dire ce que nous savons, taire ce que nous ignorons

Aucun chiffre sans source vérifiable, nommée et datée. Un vide assumé vaut mieux qu'une affirmation invérifiable — sur ce sujet, une statistique fausse décrédibilise tout le reste, y compris ce qui est vrai.

Concrètement : chaque chiffre publié sur ce site porte le nom de son étude, son année, et un lien vers la source. Ceux que nous n'avons pas pu vérifier ne sont pas nuancés — ils sont retirés. Nous en avons écarté plusieurs qui servaient bien notre propos.

Ce qui les rend tenables

Ces cinq limites ne relèvent pas d'une politique interne que l'on ajuste au fil des circonstances. Elles sont publiques, écrites et datées : les remettre en cause supposerait de le dire ici, publiquement, plutôt que de les contourner en silence.

Clairevoie n'a pas de statuts — c'est un projet personnel, sans structure juridique. Le jour où une association serait constituée, ces cinq articles y figureraient avec une modification soumise à l'unanimité : le texte est déjà rédigé et il ne changera pas. En attendant, la seule garantie est celle-ci, et c'est la vraie : elles sont écrites là où vous pouvez nous les opposer.

Pourquoi c'est non négociable

En Suisse, la poursuite pénale appartient aux autorités : la police enquête sous la surveillance et les instructions du ministère public, qui dirige la procédure préliminaire (art. 15, 16 et 61 CPP). Les techniques d'infiltration — fausse identité, appât, mise en scène — sont définies par la loi comme des mesures d'enquête réservées à des membres d'un corps de police, et il y est interdit de provoquer une infraction (art. 285a, 286, 293 et 298a CPP).

S'y ajoutent deux risques plus lourds, et ce sont les vrais : détenir ou transmettre un contenu pédocriminel est en soi punissable, même « pour prouver » (art. 197 al. 4 et 5 CP), et une provocation peut conduire le juge à libérer l'auteur de toute peine (art. 293 al. 4 CPP). Une association qui joue au justicier fait échouer les procédures qu'elle prétend servir.

Nous informons et nous orientons — c'est tout, et c'est déjà beaucoup.

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